•  

     

    Quelques heures plus tard, membres emmêlés et en sueur, je tente de reprendre conscience, mon esprit vagabondait dans des pensées et des émotions contradictoires. Je voulais reprendre ma vie d'avant, mais en même temps, je ne voulais pas qu'Adrian sorte de ma vie. 

    Je n'ose pas bouger ni parler de peur de trahir mes sentiments envers lui, parce que oui, j'ai des sentiments autres que le sexe, ce qui me pose un sérieux problème.

    Alors que je me battais avec mon cerveau et mon cœur, Adrian bougea dans son sommeil, ses cheveux frôlant mon menton. Je n'ose pas bouger peur de le réveiller, je ne sais pas ce qui m'a trahi, mais il murmura : 

    • Tu veux que je rentre à l'hôtel ? 
    • Non, reste avec moi.

    Il se retourna pour me faire face, la lune éclairait la chambre. 

    • Je vois bien que tu n'es pas prête Kim, je ne te demande rien, tu sais. 
    • Je sais. Je voudrais te dire tellement de choses, mais mes pensées sont confuses. J'ai peur qu'un jour ou l'autre, nous nous déchirions au point de nous faire du mal. 

    Il me caresse la joue.

    • Tu penses trop Kim. 

    Mes pensées furent totalement chamboulées quand il dépose une guirlande de petits baisers légers de ma poitrine à mon mont de vénus. Incapable de penser à quoique ce soit, je me suis perdue dans le plaisir charnel. 

     

    Au petit matin, les pleurs de Samuel m'ont réveillé, je me suis glissée doucement du lit pour ne pas réveiller Adrian et je suis allée rejoindre le petit.

    Je l'ai pris dans mes bras et je suis descendue lui préparer son petit déjeuner, qu'il a balancé par terre. Même en me fâchant, il n'a rien voulu prendre et continuer à pleurer. Je ne sais pas si c'est une habitude chez lui, mais je pense que ma journée va être longue. Sachant que c'est mon jour de congé, j'aurais préféré le passer tous les trois dans la joie et la bonne humeur, mais Samuel n'est pas d'humeur.

    Alors que je tentais, une nouvelle fois, de l'égayer en l'aidant à construire une tour avec les cubes, monsieur s'est mit à tout balancer et à taper des pieds. Préférant l'ignorer, je suis allée me faire un expresso méga serré histoire de me détendre, c'est à ce moment là qu'Adrian est arrivé.

    • Que lui arrive-t-il ?

    • Aucune idée, il est de mauvaise humeur et s'en prend à tout le monde et à tous ce qui est à sa portée.

    Il m'embrasse sur la tempe et va prendre Samuel dans ses bras pour une grande conversation. Le petit se calme et s'en suis un jeu du rodéo qui fait éclater de rire Samuel. Adrian y arrive mieux que moi, je n'ai jamais été patiente.

    De meilleure humeur, le petit est retourné jouer avec ses cubes, qu'il empile les uns sur les autres, riant aux éclats quand tout tombait et recommençait.

    Adrian vint me rejoindre et se fit couler lui aussi un café. Assis à la table de la cuisine, l'un en face de l'autre, je sens poindre une conversation que je me serais bien passée.

    Je prends une gorgée de café brûlant et j'attends qu'il entame la conversation. Si hier mes pensées étaient dans le flou, ce matin, ce n'est guère mieux. Quant à mes sentiments, n'en parlons pas. Autant, je voudrais qu'il s'installe avec nous et que nous formions une famille, autant, j'aimerais retrouver ma liberté de mouvements et de décisions.

     

    • J'ai passé une nuit extraordinaire, il y avait longtemps que nous n'étions pas en total symbiose toi et moi.
    • Je me suis dit la même chose après mon premier orgasme, murmurais-je.
    • Mais ça ne suffit pas, n'est-ce pas ?

    Nous y voilà, c'est donc à moi de prendre la décision. Vu mon état de nerf extrême, quoique je lui dirais, il le prendra mal. Je reprends une gorgée afin de me calmer et surtout de tenter de raisonner mes consciences qui font un duel dans mon cerveau.

    • Non, ça ne suffit pas à faire de nous un couple et une famille.

    Il me regarde, peiné. À cet instant, je m'en veux et je me traite de tous les noms. Pourquoi suis-je cruelle avec lui ? Pourquoi je ne pas tout simplement prendre ce qu'il m'offre ? 

     

    • Tu ne seras jamais heureux ici Adrian, le grand air et les grands espaces vont te manquer un jour ou l'autre et la séparation sera inévitable.
    • Tout comme toi, si tu viens t'installer à Newcrest.
    • Exactement, tu es le jour et je suis la nuit, ça ne pourra jamais marcher nous deux.

    Il se lève, pose sa tasse dans l'évier. Il se retourne doucement et s'appuie au meuble, l'air triste et abattu.

    • Et Samuel dans tout ça ? Tu veux qu'on se batte pour savoir qui aura les semaines pairs et impairs ?
    • Je n'en sais rien.
    • Le week-end prochain, je vais chez Madison et Jack, j'aimerais emmener Samuel avec moi, tu serais d'accord ?
    • Oui, pourquoi pas.

    J'ai répondu sans vraiment réfléchir. Les week-ends, je travaille deux fois plus que la semaine et la nounou me prend deux fois plus cher.

    Alors qu'il se dirigeait vers le salon, jouer avec notre fils, je le retiens.

    • Adrian, j'aimerais que tu restes ici cette semaine.

    Punaise, encore le côté diablotin de ma conscience qui parle pour moi. Il me regarde fixement et un sourire se dessine sur ses lèvres. Pas besoin de mot, il a très bien compris ce que je pense.

    • Pas de soucis, je vais à l'hôtel prendre mes affaires. A plus tard Kimy.
    • A plus Adrian.

    Un baiser léger sur mon front, alors que j'aurais aimé plus, il remonte se doucher. Moi, je reste planter comme une cruche dans la cuisine à entendre mes deux consciences se battre pour le bien ou le mal.

    Sur le chemin de l'hôtel, je repense à notre conversation. Il est clair qu'elle ne veut pas d'une vie à trois. Même si j'aime cette femme de tout mon cœur, il est évident que cet amour n'est pas partager. La seule chose qu'elle accepte de moi, sont nos nuits spectaculaires et comme je ne suis qu'un homme, faible de surcroît, j'accepte de partager son lit cette semaine. C'est mieux que l'hôtel miteux et en solo.

    Avant de monter dans la chambre, j'ai fait un petit tour en ville. Je me suis arrêté dans un bar, bu deux ou trois whisky, repoussé les avances d'une blonde filiforme et finalement je suis rentré.

    La chambre est sombre, vu l'heure rien d'étonnant. En ville à 21h, il fait déjà noir, alors qu'à la maison, il fait encore jour.

    Je prends mon téléphone et j'appelle Madison pour qu'elle prépare la chambre de Samuel.

    • Maddy ? C'est Adrian.

    • Je sais bien que c'est toi, sinon, je n'aurais pas planté Jack dans la chambre pour répondre. Alors, raconte.

    Je lui raconte ma journée d'hier et celle d'aujourd'hui, je lui dis surtout notre conversation de ce matin, la peine que je ressens et le plaisir de rentrer ce week-end avec Samuel.

    • Tu pourras préparer la chambre du haut ?

    • Pas de soucis, j'irais acheter un lit. Donc, vous deux ça n'ira pas plus loin alors ?

    • Non, elle a été catégorique, et pourtant j'y ai cru quand elle m'a avouer être fatiguée de son travail.

    • Tu lui as dit que tu l'aimais ?

    • Pourquoi faire, qu'elle me jette mon amour à la figure. La seule chose qui lui plaît entre nous, c'est le sexe. Pas de sentiments, pas t'attache.

    • Tu te vois vivre comme ça pendant des années ?

    • Je ne sais pas, d'un côté je refuse qu'on me prenne pour un sex-toy et de l'autre, je peux rester la semaine ici, partager des moments avec mon fils et rentrer le week-end.

    Madison soupira, je l'imagine se laisser tomber sur le canapé du salon.

    • C'est vraiment la vie que tu veux Adrian ? Tu veux vraiment cette vie là avec Samuel ?

    • Je n'en sais fichtre rien Maddy, j'ai été élevé par mon père, je ne connais la vie d'un couple heureux et amoureux. Je prends ce qu'elle veut bien me donner. Si seulement j'avais une mère pour me guider.

    • Mais tu en as une Adrian.

    • Tu parles, elle ne m'a jamais appelé depuis ma naissance, c'est vraiment la dernière personne à qui je demanderais de l'aide.

    • Pas faux. Bon, on se voit vendredi alors ? Jack s'impatiente.

    • Oui, à vendredi et passe le bonjour à mon beauf.

       

    Mes valises en mains, je descends régler ma note et prendre le chemin de la maison de Kim. J'ai hâte d'être à vendredi et pouvoir discuter avec Jack et Madison, peut-être arriveront-ils à m'aiguiller sur cette pseudo vie familiale qu'elle me propose.

     

    La semaine m'a paru courte, enseigner différentes choses à Samuel a été pour moi du bonheur à l'état pur, nos repas en tête à tête avec Kim un vrai délice, nos ébats le nirvana. De l'extérieur on aurait pu croire à une famille heureuse, mais ce n'est pas le cas. Je suis rongé de l'intérieur, me dire que tout ça n'est qu'une image et que tout va s'arrêter bientôt, trop tôt à mon goût.

    Un soir alors que nous dînions, et que nous discutions de sa journée de travail, j'ai senti comme un malaise, des non-dits.

    • Vas-y Kim, dit moi ce qui te chagrine. Tu n'es pas la même depuis deux jours. En fait, plus le jour de mon départ avec Samuel arrive et plus tu te renfermes.

    • Mais non, ça va, je suis juste épuisée, c'est tout. Maddy m'a appelé ce matin, le petit lit est installé à l'étage.

    Je lui lance un « cool » , cette femme m'exaspère, je le vois bien que quelque chose la dévore de l'intérieur, mais trop fière, elle préfère garder le silence. Sauf que moi, ça m'énerve, du coup, j'insiste.

    • Tu as peur que je ne ramène pas Samuel c'est ça ?

    • N'importe quoi, je te fais confiance et je sais que tu ne me trahiras jamais.

    • Alors qu'est-qu'il y a bon sang ?

    • Arrête de crier, tu vas réveiller le petit.

    Je me lève brusquement, et mets mon assiette dans le lave vaisselle. Kim lave les casseroles à l'évier, elle boude et quand elle boude, ça m'excite. Je m'approche par derrière, lui retire son haut et la soulève pour l'asseoir sur le comptoir.

    • Mais qu'est ce que tu fais Adrian ? Nous étions en train de discuter.

    • J'ai plus envie de discuter.

    • Adrian, lâche moi.

    Je me recule, elle m'enlève ma chemise et mon tee-shirt et m’agrippe le cou pour m'embrasser.

    • Je croyais que tu voulais que je te lâche.

    • Arrête de parler et embrasse-moi.

    Je m'exécute, j'aime quand elle est comme ça, j'aime la sentir frémir sous mes caresses, c'est bien la seule chose que je maîtrise avec elle.

    Elle pose ses mains sur mon torse et me griffe avec ses ongles. Le désir afflue dans mon entre-jambe, même si il était déjà plus que présent.

    • Dans la chambre, chuchote-t-elle, le souffle saccadé.

    • Non, ici, tout de suite.

    Je soulève sa jupe, écarte son string et la fait mienne. Un peu brutalement mais tellement plaisant. L'orgasme vint rapidement, nous laissant soudé l'un à l'autre, reprenant nos respirations lentement.

    • C'était royal, murmure-t-elle.

    • Royal oui, répondis-je avec un sourire. Viens, on monte se coucher, demain je prends la route.

    Je l'aide à redescendre et je la prends dans mes bras pour la monter, elle s'accroche à mon cou plus fort que d'habitude.

    Une fois au lit, nous nous endormons serrés l'un contre l'autre, un moment de tendresse comme je les aime, comme elle les évite.

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  • Alors que je me dirigeais vers la maison de Kim, mon téléphone vibra une nouvelle fois. En fait, Maddy, m' avait envoyé, exactement, dix sms depuis ce matin sept heures. N'ayant eu le temps d'y répondre, je réponds au dernier.
    «  Inutile de me harceler, je t'appelle ce soir. Bises. »
    Je range mon  téléphone dans ma poche et repris mon chemin. Peine perdu, un nouveau sms vient d'arriver.
    «  Tu peux pas me dire maintenant si tout va bien pour toi ? Ingrat. »
    «  Non, je ne peux pas te dire maintenant, je vais rejoindre mon fils. »
    «  pfff, tous les mêmes. »

    C'est avec un sourire sur les lèvres que je sonnes à la porte de Kim. Celle-ci est très pressée et très en retard. Elle m'explique que le repas de Samuel est dans le frigo, et le planning de la journée sur le tableau, qu'il faut que je l'appelle si besoin. Elle embrasse son fils, me fait un signe de la main, alors que j'attendais un baiser moi aussi, et part avec sa voiture.
    Je soulève mon fils dans mes bras et le lance en l'air.
    Alors mon garçon, prêt pour une journée avec papa ?
    Pa-pa vi, s'écria-t-il en riant.
    Que dieu nous vienne en aide si besoin est, ou encore tante Maddy.
    L'enfant éclata de rire comme si il avait compris et s'accrocha à mon cou.

    Ma journée fut quelque peu mouvementée, je me demande encore comment un enfant pouvait faire autant de chose en si peu de temps, sans pour autant montrer une once de faiblesse, ce qui n'est pas mon cas, je suis sur les rotules et la journée n'est pas finie. 
    Nous avons commencé par jouer au cheval, et c'était moi le cheval. Grimpé sur mon dos et fermement agrippé à mon col de chemise, j'ai dû faire semblant de faire du rodéo. L'entendre rire m'a rempli de bonheur, mais m'a aussi épuisé. Alors quand il a voulu jouer avec les cubes, j'ai vivement sauté sur l'occasion, enfin un jeu calme. En apparence, vu qu'il balançait les cubes pour que j'aille les chercher, démolir le château fort fraîchement construit et pleurer pour que j'en refasse un. 
    Le moment le plus tranquille, c'est quand nous nous sommes promenés sur le port. Le cri des mouettes, l'odeur de l'océan, tout était matière à des, « c'est quoi ? » J'ai donc répondu le plus simplement possible à ses demandes pour éviter une catastrophe sonore. Je me demande si les nounous sont épuisées en fin de journée et si elles le sont, je compatis. Elle mérite une médaille, surtout quand elles en ont plusieurs. 
    La sieste a été pour moi une bénédiction sachant que le repas a été un cataclysme, les épinards ne sont pas pour lui, il a carrément jeté son assiette par terre. J'ai dû me fâcher pour lui montrer mon mécontentement du coup, il s'est mis à pleurer à faire trembler la maison. N'ayant pas cédé, j'ai nettoyé le sol, j'ai déjeuné à mon tour et je l'ai monté dans son lit. Il s'est endormi sitôt la tête posée sur son oreiller. 
    J'ai moi aussi posé ma tête sur l'oreiller de Kim et je me suis endormi direct. Pas besoin de berceuse. 
    Après la sieste et le goûter, nous avons opté pour de la lecture, il m'a tendu un livre et j'ai raconté une histoire en prenant une intonation de voix différente pour chaque personnage. 

    Kim a appelé dans le milieu de l'après-midi afin de savoir si tout se passait bien, nous avons discutés principalement de Samuel et elle a rapidement raccroché, un mannequin venait d'arriver pour un shooting. Elle serait là dans les environs de vingt heures. 

    Il était plus de vingt heures quand Kim est rentrée, je l'ai entendu appeler et j'ai crié qu'on était dans la salle de bains. Samuel avait joué dans le sable du parc et il en avait plein les cheveux, du coup, c'est bain obligatoire. Là encore, une épreuve de force, je suis trempé de la tête aux pieds, mais heureux de ce moment de partage entre père et fils. 
    Quand Kim est entrée dans la pièce, Samuel m'éclaboussait de plus belle, elle s'est approchée et a grondé le petit. 

    • Samuel, maman veut pas que tu fasses ça !

    L'enfant retroussa sa lèvre en une moue boudeuse annonciatrice de larmes à n'en plus finir.

    • Tu m'as l'air épuisé, demandais-je à Kim en la voyant sur les nerfs. Je finis le bain et je te laisse.
    • Non, c'est bon, tu peux rester un moment, je vais me changer..... et oui, je suis épuisée, soupire-t-elle. Je te rejoins dans le salon, je prendrais bien un verre pour me remonter.
    • Ok, je couche le petit et je descends.

    Je la regarde partir et je caresse la joue de Samuel, il hoquette mais ne pleure plus. Je finis de lui rincer les cheveux, je lui mets son pyjama et je le couche. C'est un vrai petit bonheur à lui tout seul. Épuisé, il s'endort à peine l'histoire commencé. J'allume la veilleuse et je descends dans le salon.

    Je m’assois sur le divan et prend le verre de whisky pur malt que me tend Kim. Après une gorgée, je l'écoute me raconter sa journée interminable.

    • Je croyais que c'était un métier qui te plaisait.

    • Oui, prendre des photos me plaît énormément, le contact avec les mannequins moins. Tu sais, elles sont colériques et jouent continuellement les divas. C'est cette partie qui m'épuise. Parfois je me dis que j'aurais préféré rester avec Samuel plutôt que d 'écouter ces poupées barbies se plaindre pour tout et n'importe quoi.

    Elle soupire, avale d'un trait le reste de son verre et se lève pour en prendre un autre qu'elle pose sur la table basse avant de se laisser tomber sur le canapé.

    • Je vois que la livraison a été faite, j'avais même pas fait attention que mon nouveau salon était arrivé, soupire-t-elle.

    • Oui, il est arrivé dans l'après-midi, pendant la sieste de Samuel, du coup, j'ai tout installé, si l'emplacement ne te convient pas, on pourra le changer de place.

    • Non, c'est parfait comme ça, de toute façon pour le peu de temps que je suis là, ça m'ira bien.

    • Je te sens quelque peu blasé Kim et fatigué de surcroît.

    • Oui pour les deux. Je me demande si je vais continuer dans cette branche. Je pensais trouver mon bonheur dans mon travail, mais ce n'est pas le cas, surtout depuis que j'ai repris et laissé Samuel à la nounou.

    Il sourit en pensant à la nounou et à sa journée marathon avec le petit.

    • Tu l'as paye bien ta nounou ?

    • Ben oui, quelle question. Pourquoi tu me demandes ça ?

    • Parce que vois-tu, après ma journée avec Samuel, je vais lui donner une prime.

    • Il est épuisant hein, une vraie boule de nerfs. Il m'épuise pendant mes congés mais c'est un réel bonheur d'être avec lui.

    Nous avons continué à parler de son travail et de ma journée pendant encore une bonne heure et deux autres verres. Je ressens les effets de l'alcool et je vois que Kim aussi.

    Je ne sais pas à quel moment, ni qui a dérapé, mais la sentir contre moi a éveillé mon désir pour elle, et sans aucun doute, elle aussi. Ça sent comme du déjà vécu et dans le même état, mais impossible de s'arrêter. A croire que nous sommes en total fusion, une fois que nous sommes imbibé d'alcool.

    Je retrouve enfin le goût de sa belle bouche, une bouche douce et envoûtante. Sa main s'enfonça dans mes cheveux et j'approche sa tête encore plus près de la mienne. Du bout de ma langue, j'ouvre sa bouche et commence un ballet érotique.

    Puis ma conscience se réveille alors que j'aurais préféré qu'elle reste endormie. Et si Kim me reprocher le lendemain d'avoir profité qu'elle soit alcoolisée pour être aller plus loin. Ne voulant pas de reproche, je m'écarte légèrement. Elle est essoufflée, les pupilles dilatées, la respiration saccadée.

    • Adrian, souffla-t-elle, pourquoi t'arrêtes-tu ?

    • Je ne voudrais pas que tu regrettes demain, lui répondis-je en lui caressant la joue.

    Elle entrelaça ses doigts aux miens, se leva, m'obligeant à me lever aussi, elle pose sa main sur ma joue.

    • Je ne regretterais pas sauf si tu décides de partir maintenant.

    • Pourquoi regretterais-tu si je pars ?

    • Parce que j'ai besoin de toi dans ma vie.

    Je ne sais pas trop comment prendre cette dernière phrase, j’éteins ma conscience pour la nuit, je porte Kim dans mes bras et monte les escaliers en l'embrassant.

    Sans la poser par terre, j'ouvre la porte de sa chambre et la referme du pied. Je pose mon délicat fardeau sur le lit et lui enlève tee-shirt et pantalon lui laissant ses sous-vêtements. Elle enlève ses soquettes et fait tomber ma chemise. Tout en promenant mes mains sur son corps chaud, je m'extirpe de mon tee-shirt et défait mon ceinturon.

    Je l’attire de nouveau à moi et prend ses lèvres dans un baiser avide qui trahissait toute mon impatience.

    Je me cale sur les coudes juste au dessus de son visage rosi par le désir et murmure.

    • Tu es certaine que c'est ce que tu veux Kim ?

    • Oui, arrête de discuter Adrian, montre moi de quoi tu es capable.

    A ces mots, je lui montre de quoi je suis capable. Elle s'agrippe à mes épaules quand je m'enfonce en elle, j'attends qu'elle reprenne sa respiration et moi avec. Ce moment est vraiment fort, plus fort que les fois précédentes, mais je ne pourrais pas dire pourquoi.

    Lorsque, bien plus tard, nous surfons ensemble sur la vague d’un plaisir intense, j'ai su avec certitude qu’il n’y aurait jamais d’autre femme dans ma vie que Kim. Que notre relation dure un mois ou notre vie entière, mon cœur lui appartient à tout jamais.

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  • Je venais juste de terminer le bain de Samuel quand j'ai  reçu un nouveau sms d' Adrian. Je finis d'essuyer mon fils et de le porter dans sa chambre pour l'habiller avant de lire le texto.

    « Je suis de passage en ville, je passe voir Samuel pour l'après-midi. Adrian. »

    Même pas un petit mot gentil pour moi. Juste qu'il veut passer du temps avec notre fils. Autant dire, qu'à cet instant précis, je suis plutôt en colère.

    • Pour  qui se prend-il pour m'imposer ses désirs, et qui dit que je n'avais pas l'intention de t'emmener en promenade hein, marmonne-t-elle en jouant aux cubes avec Samuel, ton papa se croit tout permis. 

    On était dimanche, seul jour que je consacre à mon bébé, avec tout le boulot que j'ai en ce moment, il passe plus de temps chez la nounou qu'à la maison. Parfois, j'envie Madison et Coleen qui doivent partager pleins de choses ensemble, mais l'argent ne va tomber du ciel et je dois travailler dur pour que Samuel est une vie confortable.

    • Pa-pa , lance le petit en me regardant.
    • Oui, ton papa va venir te voir cet après-midi, tu es content ?
    • Vi, pa-pa.

    Je dépose un tendre baiser sur le front de mon fils et je soupire. Tout aurait pu être différent si je n'avais pas gardé mon début de grossesse pour moi. Je sais maintenant qu'il aurait pris ses responsabilités, seulement, je suis tellement fière que j'ai préféré ne rien dire. À cause de cette maudite fierté, je peux perdre la garde totale de mon bébé, Madison a été formelle là-dessus, si Adrian m'emmène au tribunal, il obtiendra la garde partagée. 

    • Viens mon chéri, allons voir ce qu'il y a dans le frigo.
    • Rigo, s'exclame-t-il en se levant.

    Je venais juste de finir de donner à manger à Samuel, quand la sonnette retentit.

    Je pris mon fils dans mes bras et alla ouvrir la porte d'entrée. Adrian se tenait sur le seuil, tout heureux et avec un petit vélo à ses pieds.

    Reconnaissant son père, Samuel agita sa main pour dire bonjour.

    • Pa-pa, s'écria-t-il tout content.

    • Bonjour mon cœur, tu vas bien ?

    • Vi.

    • Bonjour Kim.

    • Bonjour, entre. Répondit-elle en se mettant sur le côté.

    Adrian prit le petit tricycle et entra dans le hall. Samuel commença à s'agiter dans mes bras, mais je n'arrivais pas à le lâcher. Mon tout petit amour.

    Voyant le petit bouger, Adrian s'approcha et le prit dans ses bras.

    • Viens voir papa, lança-t-il heureux de voir son fils, alors, racontes moi ce que tu as fait cette semaine.

    Et là, Samuel se mit à babiller dans son langage, Adrian lui répondait des «  oui » à chaque questions du petit, même si il ne comprenait rien du tout. L'enfant heureux d'être entendu, babilla de plus belle, accaparant entièrement son père.

    Les laissant discuter, je me suis réfugiée dans la cuisine. Les entendre rire et s'amuser, me fait ressortir ma pointe de jalousie. Je ne devrais pas être jalouse de leurs complicités mais je ne peux m'en empêcher.

     

    Lasse d'être isolée dans la cuisine, je les rejoints dans le salon. Je m'installe sur le fauteuil tandis qu'Adrian était à genou sur le sol, face à son fils. Je me pris à rêver de ses moments de partage entre nous trois, de la petite famille aimante qu'on pourrait former.

    • Après le choc de mon test de grossesse, je me suis jurée que je ferais passer mon bébé en priorité et montrer à tous que j'étais capable d'élever mon enfant et de travailler en même temps sans l'aide de personne.
    • Kim...
    • Non, laisse moi finir s'il te plaît, coupa Kim, j'ai besoin de te dire mon ressenti avant de prendre de grande décision. 

    Nous regardons Samuel partir vers son nouveau vélo, mais aucun de nous ne bougea. Je pris une grande respiration et repris.

    • Tu dis vouloir t'impliquer dans la vie de Samuel mais nous savons tous les deux que c'est impossible à distance, venir le voir le week-end ne lui suffit pas, il a besoin de toi, comme il a besoin de moi. Nous deux ensemble dans la même maison, c'est impossible pour l'instant, nous n'arrivons pas à rester plus de deux heures sans nous disputer et je ne veux de ça pour mon fils. Tant que nous n'arriverons pas à passer une journée sans nous quereller, nous ne pouvons pas envisager un avenir ensemble et former une famille unie.

    Émue, je marque une pose pour me reprendre, je souhaite vraiment mettre carte sur table avant d'aller de l'avant.

    • Je ne connais rien à l'amour entre adulte, par contre, je connais l'amour que je porte à mon enfant. Je connais le déchirement que je pourrais ressentir si tu venais à obtenir sa garde. Adrian, je ne pourrais jamais vivre sans mon bébé.
    • Kim, je n'ai pas l'intention de demander la garde de Samuel, je veux vivre avec lui et avec toi.
    • Tu sais très bien que c'est impossible pour l'instant, toi et moi, nous ne formons pas un couple, juste un bon coup de temps en temps.
    • C'est comme ça que tu nous vois, un bon coup ?
    • Oui.

    Adrian parut choqué mais c'est réellement mon ressenti immédiat. Je me lève et me dirige vers ma chambre, j'ai besoin d'être seule pour le moment, et surtout être seule pour pleurer en silence.

    Il devait être tard, car j'entendis les pas d'Adrian dans les escaliers, il disait à Samuel qu'il était temps d'aller dormir. Je m'essuie les yeux pour qu'il ne voit pas mes larmes, il frappe un petit coup léger à la porte de ma chambre et entre sans y être invité.

    Il me voit, et vint s’asseoir à mes côtés. Tendrement, il essuie un larme qui coulait sur ma joue.

    • Tu ne dois pas pleurer Kim, nous allons trouver une solution.

    • Excuse moi Adrian, en ce moment, je suis à fleur de peau. Un rien me fait pleurer.

    • Ne t'excuse pas, nous sommes ensemble dans cette aventure, qui est d'élever notre fils dans l'amour que nous avons pour lui.

    J'opine de la tête, il tend sa main vers ma joue et approche ses lèvres des miennes. Je devrais le repousser, mais je suis trop faible pour ça.

    Nous nous embrassons fiévreusement, nos mains cherchent des bouts de peau nu. Il s'écarte légèrement.

    • Je dois partir, on se voit demain.

    • Tu pars ? Et tu vas où ? Tu retournes ce soir à Newcrest ?

    • Non, je vais à l'hôtel. A demain.

    Il dépose un baiser léger sur mes lèvres avant de quitter ma chambre. J'écoute ses pas décroître dans les escaliers puis la porte d'entrer se refermer.

    A l'hôtel ? Donc il a décidé de s'installer en ville, lui qui ne supporte pas la pollution et le manque d'espace, il vient s'installer ici pour être proche de notre enfant.

    Je descend du lit, part embrasser Samuel et file sous la douche. J'aurais vraiment aimé qu'il reste ce soir, j'avais besoin de le sentir contre moi et en moi. Je sais qu'il veut plus qu'une nuit de temps en temps, mais je ne me sens pas le courage de passer ce cap pour former une famille unie et soudée. L'amour avec un grand A n'est pas pour moi.

     

    ****

    Alors que j'aurais pu passer une nuit mémorable avec Kim dans son lit douillet, je me retrouve assis sur un lit, qui grince, dans un hôtel miteux mais propre sur les quais. Parfois, je me mettrais des baffes.

    J'ai été choqué d'apprendre qu'elle ne savait pas ce qu'était l'amour, je vais donc la courtiser jusqu'à ce qu'elle ressente ce que je ressens pour elle.

    Je file prendre ma douche et dormir un peu. Vu qu'elle travaille le lendemain, je lui suggérais de garder Samuel à la maison, ça l'évitera de l'emmener chez la nounou.

    J'ai vraiment hâte de passer ma journée avec mon fils, même si j'ai un peu peur de ne pas savoir m'y prendre. Déjà, il est propre, donc pas de couche à changer, les odeurs et moi, ça fait deux, surtout ce genre d'odeur, j'ai déjà eu une expérience avec Coleen et ses petits êtres humains sentent encore plus mauvais qu'une écurie bien fournie.

    Sorti de la douche, je regarde par la fenêtre, j’aperçois la maison de Kim à deux pâtés de maisons de l'hôtel. C'est une des raisons qui m'ont fait prendre cet hôtel, il est proche de Kim et Samuel.

    J’éteins la télévision et je me couche pour une nuit assez courte mais réparatrice je l'espère.

     

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  •  

    • Pourquoi je suis aussi bête ? Lançais-je à Madison le lendemain soir à son retour à Newcrest.

    Je m'installe dans la véranda, prends le verre de whisky que me tend ma sœur et soupire une fois de plus. Maddy s'installe en face de moi. 

    • Sans doute parce que tu l'aimes et que tu n'as pas réussi à le lui dire ou alors tu es un idiot, à toi de choisir.
    • Je pense que je suis un idiot, je n'ai même pas réfléchi aux conséquences. J'ai tout investi dans le ranch, je n'ai pas de travail et pas de logement, elle ne voudra jamais que je m'installe avec elle.
    • Tu le lui as demandé ? Demanda Maddy avec un sourire de compassion.
    • Non, ce n'était pas vraiment le moment, on venait de se disputer une fois de plus. Pourquoi on ne peut pas être comme vous deux ?
    • Elle a du caractère et toi, tu ne te laisses pas faire non plus. Tu sais parfois, il faut faire des concessions dans un couple pour que ça fonctionne, sans pour autant se rabaisser à chaque fois.

    Des concessions, je vais en faire, je vais quitter ma ville, ma famille et mon travail avec Jack. Je vais tous laisser pour vivre avec mon fils, enfin, auprès de mon fils. Kim n'en fait aucune dans cette histoire, même si nous nous désirons, ça reste un plaisir charnel, elle n'a jamais dit qu'elle m'aimait et moi, je ne lui ai jamais dit non plus de peur d'être rejeté. 

    • Il n'empêche que je ne peux pas vous redemander l'argent que je vous ai viré Madison. Soupirais-je, et financièrement, je ne peux pas vivre à l'hôtel plus de deux semaines.
    • Bien sur que si, c'est ton argent Adrian, et je suis certaine que Jack ne voudrais pas te savoir sans le sou et sans logement. Écoute, tu es épuisé, va te coucher, on en reparle demain d'accord ?
    • D'accord.

    J'embrasse ma sœur sur la joue et je monte dans la chambre du grenier. Malgré l'aération, le parfum de Kim résiste, ce qui fait monter en moi le désir de l'avoir dans mes bras. Ma nuit risque d'être mouvementée.

     

    Le lendemain matin, je suis descendu prendre un café, personne ne se trouvait dans la cuisine, en même temps, le soleil venait à peine de se lever. Je décide de m'installer dans la véranda. Alors que je voulais poser ma tasse, je vois Jack assis sur la clôture, l'esprit ailleurs. Je sors le rejoindre. 

    • Salut Jack, bien dormi ?
    • Pas trop mal et toi ?
    • Bien. Maddy t'a parlé ?
    • Oui. Elle a raison Adrian, c'est ton argent, tu dois le reprendre et faire ta vie à San Myshuno avec ton fils et Kim.
    • Je ne peux pas te faire ça, tu risques de tout perdre.

    Il claque de la langue, soupire et me lance.

    • Je ne perdrais pas le ranch, Maddy travaille toujours en free-lance. Même si les temps sont dur, je peux remonter l'affaire.
    • Et si on faisait moitié-moitié, ce ne serait pas mieux ?
    • Un quart pour le ranch et les trois quarts pour toi, ça c'est mieux. J'ai juste besoin de fonds pour acheter des juments. Trois juments suffiront à faire un élevage.
    • Marché conclu ! Lançais-je en lui frappant gentiment l'épaule. Où est ma sœur ?
    • Dans son bureau, en grande conversation téléphonique. Je dois aller m'occuper de Coleen, on se revoit un peu plus tard.
    • Ok ! Pas de soucis.

    Je reste un petit moment à regarder les chevaux, j'entends la porte se fermer puis la voix de Madison par la fenêtre ouverte de son bureau. Elle discute avec Kim. Je m'approche sans bruit. Le haut parleur du téléphone me laisse entendre la conversation.

     

    • Je sais bien qu'Adrian a des droits envers son fils, mais je ne pensais pas qu'il viendrait s'installer ici et qu'il s'impliquerait dans l'éducation de Samuel, disait Kim.

    • Et tu t'imaginais quoi ? Mais enfin Kim, c'est aussi son fils, il a autant de droit que toi, juridiquement.

    • Samuel est ma raison de vivre, répondit Kim, je ne suis pas encore prête à le partager avec Adrian.

    • Mais tu n'auras pas le choix Kim, il est en droit de faire une demande de garde partagée. Et si Adrian voulait que vous formiez une famille, tu y as pensé ?

    • Ne sois pas ridicule Madison, il n'a jamais eu l'intention de former une famille, il ne m'avait même pas appelé après notre première nuit, pour lui, je suis juste une histoire sans lendemain.

    • Tu ne l'as pas appelé non plus quand tu as su que tu étais enceinte, les tords sont partagés. Aujourd'hui il voudrait être avec son fils, alors ne le rejette pas comme ma mère l'a rejeté.

    • Il t'a dit qu'il venait s'installer en ville ?

    • Oui, il a bien l'intention d'y rester un moment. Faites en sorte que ça fonctionne, si tu ne le fais pas pour mon frère, fais le pour Samuel. Je dois te laisser, j'ai un appel à faire à Marco pour un dossier en attente.

    • Et moi, je dois emmener Samuel chez la nounou. On se rappelle plus tard Maddy.

    • Ok. Bonne journée à toi Kim.

    J'entendis le grincement du fauteuil de Madison, je recule vers la véranda et je me laisse tomber sur les marches. Je tente de tous remettre en ordre dans mon esprit et je m'en veux d'être resté là à espionner ma sœur.

    Même si j'ai des droits parentaux, il est hors de question qu'on se retrouve devant un juge qui nous dira quoi faire. Notre fils mérite mieux qu'une guerre juridique, même si je dois ignorer l'attirance que j'ai en présence de Kim, et ça, c'est pas gagné.

    Ne voulant pas être pris sur le fait de voyeurisme par ma sœur, je suis retourné dans la véranda. Le journal avait été livré, du coup, je me suis installé pour lire les nouvelles et voir les petites annonces du comté.

    Je n'ai pas franchement eu le temps de regarder en profondeur, la petite Coleen a escaladé le canapé pour entamer une grande conversation incompréhensible, comme son petit cousin.

    • Alors princesse, tu arrives à monter sur les canapés maintenant ?
    • Vi.
    • Ton papa et ta maman le savent ça ?
    • Vi.
    • Tu as besoin d'aide ? Me demanda Jack en entrant à son tour dans la véranda. Tu cherches quelques choses en particulier sur le journal ?
    •  Pas vraiment, j'ai regardé l'immobilier, mais il n'y a pas de maison, que des appartements. Je veux bien aller vivre en ville, mais hors de question que je sois dans un building. Quant au boulot, je ne sais pas faire autre chose que de m'occuper du bétail. 
    • Je pense que tu trouveras directement là-bas, ne te fais pas de bile. Coleen, tu viens au pot ma puce ?
    • Pas po moi.
    • Je pense que si princesse, les grandes filles font sur le pot et pas dans la couche, lui répondis-je en lui faisant un clin d’œil.
    • Aors po moi, annonça-t-elle à son père en descendant du canapé. Incesse moi, hein Ian.
    • Oui ma puce, tu es une vraie princesse, murmurais-je en l'embrassant sur le front. Je pense aller faire un tour au pub ce soir, histoire de décompresser, tu veux te joindre à moi ?
    • Oh non, j'ai bien l'intention de profiter de ma femme ce soir, un petit dîner rien que nous deux.
    • Alors je te laisse avec tes femmes, avec un peu de chance, je me trouverais de la compagnie.
    • Ne fout pas tout en l'air surtout, tu sais que les langues vont bon train dans les petites villes.
    • Je n'ai pas l'intention de faire quoique ce soit qui me séparerait de mon fils, lui répondis-je avec un clin d’œil. Je monte me préparer.

    Jack prit Coleen dans ses bras et l'emmena dans la salle de bain. J'en profite pour envoyer un texto à Kim.

    « Salut Kimy, j'espère que vous allez bien tous les deux, vous me manquez, j'ai hâte de revenir. Bises. »

    Je remets mon portable dans ma poche et monte à l'étage.

     

    Le parfum de Kim n'était presque plus présent dans la pièce, entre l'aération et mon propre parfum, je ne sentais plus sa présence.

    Maddy en avait profité pour changer les draps, je suis un peu déçu, je n'aurais plus son odeur sur l'oreiller.

    Je me change et me regarde dans le miroir. C'est bon, je suis présentable.

    Je regarde mon portable espérant un SMS, mais rien. Je me demande pourquoi j'attends, je me doute qu'elle m'a déjà oublié, entre son boulot, ses amis et Samuel, moi, je ne suis que le père du petit. J'enfile mon stetson, jette un dernier coup d’œil à mon double.

    « Ce soir, c'est ma soirée » pensais-je. Ce soir, je vais m'enivrer pour oublier, quitte à dormir sur un banc, mais il faut que j'oublie, juste pour un soir.

    Je descends les marches doucement pour ne pas réveiller la petite qui doit dormir vu l'heure. Un petit regard dans la pièce à vivre pour remarquer que Jack a mit les petits plats dans les grands pour sa soirée en amoureux. Ne voyant personne, je file au pub.

    ****

     

    J'ai du aller chercher Maddy dans son bureau pour notre petite soirée. J'ai bien entendu Adrian fermer la porte d'entrée mais je n'ai pas été assez rapide pour lui donner les dernières consignes, donc une primordiale, ne pas faire de bêtise. Je lui fais confiance pour ne pas tout foutre en l'air.

    Je frappe discrètement à la porte du bureau et entre-ouvre. Passant ma tête dans entrebâillement, je vis Maddy en train de rédiger je ne sais pas trop quoi, sur son ordinateur.

    • Maddy chérie, tu viens dîner ?

    • C'est déjà l'heure ? Me répondit-elle surprise.

    • Oui et même largement dépassée. Coleen est déjà couchée.

    Elle se lève brusquement et vint déposer un tendre baiser sur mes lèvres.

    • Tu es un mari en or, chuchote-t-elle contre ma bouche.

    • Tu dois mourir de faim, viens, je t'ai préparé une surprise.

    Quand nous arrivons dans la salle à manger, elle vit le couvert et les brochettes de poissons. Je lui tends un verre de vin et nous portons un toast à notre amour éternelle.

    • Où est Adrian ? Me demande-t-elle entre deux bouchées.

    • Il est parti au pub, il avait besoin de sortir pour oublier.

    • Tu penses que c'est une bonne idée ? Perso, je ne suis pas certaine que ce soit la meilleure chose pour lui, il est complètement perdu. Il va boire jusqu'à tomber par terre.

    • Mais non voyons, il sait se tenir.

    En disant ça, j'essaye de me dire que tout va bien se passer, mais je ne suis sur de rien. Je bois une nouvelle gorgée et annonce à Maddy.

    • Après manger, j'irais le rejoindre et le ramener, ça te convient ?

    • Oui mon cœur, je serais plus tranquille de le savoir avec toi.

    Et voilà, comment mon beau-frère, par son absence, a réussi à faire foirer ma super soirée en amoureux.

    Environ deux heures plus tard, j'arrive au bar du bowling, le pub étant fermé, je me suis douté qu'il se trouvait ici. Ne le voyant pas aux pistes, je suis monté au bar, c'est là que je l'ai trouvé en galante compagnie. Punaise, il perd pas de temps celui-là, un vrai mâle en rut.

    Je me racle la gorge pour tenter un décollement mais rien n'y fait. La donzelle s'accroche à un Adrian complètement ivre.

    Je décide de m'interposer au risque que la tigresse devienne hargneuse.

    • Adrian, mon pote, je pense que c'est l'heure de rentrer, annonçais-je à voix haute.

    • Je fais rien de mal, fout moi la paix, me lance-t-il d'une voix pâteuse.

    • Ce serait avec un grand plaisir, mais vois-tu, j'ai bien l'intention de rester vivant, si tu vois ce que je dire. Madison m'a demander de te ramener en un seul morceau et avec toute ta dignité.

    La jeune femme se détache de mon beau-frère et me regarde fixement. C'est une belle femme, ça y a pas à dire, et inconnue au village.

    • Il est marié ? Me demande-t-elle.

    • Pas encore, mais c'est un jeune papa. Je suis désolé de jouer les troubles fêtes, mais j'ai des ordres, et qu'il soit d'accord ou non, je vais le ramener. Mademoiselle !

    • Quel dommage mon chou, ce sera pour une prochaine fois ! Lance-t-elle à Adrian avec un grand sourire avant de s’éclipser.

    Adrian me fusille du regard.

    • Tu as fait foirer ma soirée Jack.

    • Non, mon pote, je t'ai sauvé la mise nuance. Aller viens, on rentre.

    Je l'ai pris par la taille afin de l'aider à marcher et je l'ai installé dans la voiture. A peine j'avais fini de l'attacher, qu'il s'était endormi. On peut dire qu'on l'a échappé belle.

     

    Ouf, c'était moins une avant qu'il ne foute tout en l'air et que je subisse les foudres de Maddy. Le retour se fit dans le silence ( enfin presque vu les ronflements d'Adrian ) , il monta directement dans sa chambre et moi je retrouve ma moitié pour une nuit magique.

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  • Ça fait dix mois que Kim est repartie pour la ville, elle n'est jamais revenue à Newcrest, même pas pour l'anniversaire de Coleen, elle a juste envoyé un cadeau. Moi qui compter fêter les un an des bébés ensembles, je pouvais toujours rêver.
    Nous nous sommes vu plusieurs fois, j'ai du me déplacer si je voulais voir Samuel grandir, quand à notre pseudo couple, c'est une autre histoire. Le désir mutuel est toujours présent, quand on est ensemble, nous passons des nuits torrides. Vivre en ville n'est vraiment pas pour moi, c'est pas faute d'avoir essayé. Mais je suis rentré, Jack et Madison avaient besoin de moi pour sauver le ranch familial.
    D'ailleurs, en parlant de ça, suite au décès de mon père, il y a deux mois, j'ai vendu la maison et je viens leurs annoncer mon intention d'investir dans le ranch. Je pourrais m'installer un studio dans la grange.
    Nous sommes sous la véranda, c'est vraiment un endroit chaleureux et agréable.

    La petite Coleen est à la sieste, Madison me propose un café mais je veux leurs parler avant.

    • J'ai fait un versement à la banque sur le compte du ranch.

    • Adrian,je ne sais pas quoi te dire à part un grand merci. Répondit Jack.

    • Nous pourrons acheter des juments et faire nos saillis nous même. Les étalons sont de bons trotteurs, les petits devraient rapporter pas mal.

    • Oh Adrian ! Lâcha Maddy. Tu vas faire quoi maintenant ? Rejoindre Kim et Samuel ?

    Je me lève et me met devant la baie vitrée.

    • Non, je ne peux pas vivre là-bas, j’étouffe. Si ça ne vous dérange pas, j'aimerais m'aménager le haut de la grange, j'y serais très bien.

    • Certainement pas ! S'écria Madison, tu prendras la chambre du haut, pas question que mon frère dorme avec les chevaux.

    Jack me regarde avec un sourire, je savais que ma sœur ne voudrait jamais que je m'installe dans la grange. Jack alla dans la cuisine nous servir un café. J'en profite pour parler à ma sœur.

    • Tu as des nouvelles de Kim ? Demanda Maddy.

    • Pas depuis trois semaines et toi ?

    • Rien non plus, sauf un mail me disant qu'elle croule sous les demandes de shooting. Je m'inquiète Adrian.

    Moi aussi, mais je veux pas l'inquiéter encore plus. Même si nous nous sommes séparé par une dispute à ma dernière visite, ce n'est pas son genre de ne pas répondre quand on l'appelle, et surtout sa meilleure amie.

    • Je pars demain pour San Myshuno, je te tiendrais au courant.

    • Tu prends ma voiture ?

    • Oui, si ça te dérange pas. Jack ? Tu pourras te débrouiller ?

    • Bien sur, répondit-il de la cuisine.

    C'est décidé, dès demain matin je prends la route pour la grande ville. Je veux savoir exactement pourquoi elle garde le silence comme ça, surtout après ce que nous avons vécu. Elle a vite oublié notre semaine au chalet. Chalet où je ne suis pas retourné depuis, trop de souvenirs qui sont devenus douloureux.

    Je suis arrivé en fin de soirée. L'entrepôt que Kim a acheté se trouve en plein milieu du quartier des arts juste en face d'une grande place et sur le port. C'est très spacieux mais beaucoup trop moderne pour moi, par contre, la décoration est tout à fait le genre de Kim.

    Vu qu'il y a de la lumière, elle est ici. Je frappe à la porte pour ne pas réveiller Samuel, elle m'ouvre avec froideur. Je ne suis pas le bienvenu.

     

    • Qu'est-ce que tu fais ici ? Me demande-t-elle sèchement.

    • Comme tu ne réponds plus au téléphone, je suis venu voir mon fils, répondit-je en pénétrant sans y être invité. Il dort ?

    Elle claque la porte derrière moi avec force. Elle est en colère, comme d'habitude.

    • Non, mais il ne va pas tarder, il est dans sa chambre.

    Je la regarde, quelque chose à changé en elle. Elle est devenue plus froide qu'avant. La grande ville ne lui réussi pas.

    Je monte les escaliers en fer et je rentre dans la chambre de mon fils. Il court vers moi en me tendant les bras. Il est trop mignon. Je lui parle tendrement et le berce. Il baille.

    Sa chambre, c'est la seule pièce avec la chambre de Kim qui est chaleureuse. Bon, faut dire que c'est moi qui l'ai aménagé, j'ai voulu le meilleur pour lui vu qu'on ne vit pas ensemble.

    Je lui mets son pyjama, Kim n'est toujours pas venu nous voir, ça me désole mais je ne peux rien y faire, je ne la comprendrais jamais.

    Samuel me parle dans son langage, je ne comprends pas mais je lui souris. Il est vraiment attachant. Je n'ai jamais regretté sa naissance, juste que j'aurais préféré qu'on forme une famille. C'est pas faute d'avoir essayé, mais nous nous disputions toute la journée avec sa mère, ce n'est pas une vie pour un bébé, de voir ses parents se déchirer. Ni elle, ni moi, ne voulions faire de concession, du coup, la séparation était inévitable.

    Je couche Samuel dans son petit lit et je lui lis une histoire sur les chevaux sauvages. Il s'endort assez rapidement. Je reste un bon moment assis sur le lit, le regard perdu sur l'extérieur.

    Malgré la nuit tombée, il y a encore du monde dans les rues, et les échoppes de nourritures sont toujours ouvertes, cette ville ne dort jamais.

    Environ dix minutes plus tard, Kim entre dans la chambre, nos regards se croisent et je vois de la colère dans le sien.

    • Tu l'as vu, tu peux partir maintenant, me lance-t-elle à voix basse.

    Je bouts de l'intérieur, j'ai fait plusieurs centaines de kilomètres et elle me vire carrément. Elle du voir que j'allais exploser, car elle murmure.

    • Dans le salon, pas ici.

    Et sur ces mots, elle repart. J'embrasse le front de Samuel et je descends à mon tour.

    Nous installons sur le canapé. J'ai la rage et je sais que Kim aussi. Je tente de me calmer, ça n'ira nul part si nous nous querellons encore une fois. Je ne partirais sans savoir pourquoi elle reste silencieuse à nos appels. Je m’apprêtais à parler quand elle m'interrompt brutalement.

    • Déjà, j'aurais préféré que tu m'envoies un texto pour me dire que tu venais, tu as eu de la chance que je ne travaillais pas aujourd'hui et que Samuel n'était pas chez la nounou.
    • Si tu répondais à nos appels à Maddy et moi, peut-être que tu aurais été au courant.
    • Peut-être que j'avais des raisons ne pas vous répondre, s'écria-t-elle brutalement.
    • Et puis-je savoir ces raisons ? A moins que tu n'aies un amant caché, je ne vois pas ce qui pourrait t'empêcher de prendre nos appels.

    Je me déteste de lui dire ça, mais j'ai pas pu m'en empêcher, les mots ont dépassés ma pensée. Je la vois blêmir, peut-être que j'ai mis dans le mille, et là, je me sens vraiment mal, la jalousie me bouffe de l'intérieur.

    • Je n'ai pas d'amant, murmure-t-elle, j'ai un travail qui me prend énormément de temps et je suis mère célibataire. Quand je rentre le soir, je suis sur les rotules et je dois encore m'occuper de Samuel, le bain, le repas et le coucher.
    • A qui la faute ? Je t'ai proposé de t'installer avec moi et tu as toujours refusé.
    • Je n'aurais pas de contrat dans le bled où tu veux nous installer. En plus, nous n'arrêtons pas de nous disputer, je veux blanc et toi noir. Je t'ai proposé de t'installer ici et tu n'as même pas fait l'effort de rester, même pour notre fils.
    • J'ai essay...
    • Non, tu n'as pas essayé, tu as jugé que la ville n'était pas faite pour toi. J'ai vécu ma grossesse seule, je peux continuer à élever mon fils sans toi. Me coupe-t-elle.

    C'est dans ses moments-là que j'ai une furieuse envie de tout casser autour de moi. J'inspire et expire profondément avant de dire des choses qui ne feraient que mettre de l'huile sur le feu. 

    • Je suis né et j'ai grandi à la campagne, la ville n'est pas faite pour moi, tu pourrais le comprendre non ? 
    • Et moi, je suis née et j'ai toujours vécu en ville, tu pourrais le comprendre aussi. Tu voudrais que je quitte tout ici, mon travail, ma maison pour aller dans les champs, dans une petite maison de poupée et que je tricote sur un fauteuil à bascule, cette vie n'est pas pour moi Adrian. Je ne quitterai pas tout ce que j'ai construit pour vivre au fin fond de nul part, même pour Maddy et toi. 

    Kim se laissa aller sur le divan, soudain lasse de cette nouvelle querelle. En la regardant, j'eus soudain l'image de nous trois formant une famille aimante et heureuse, comme celle que j'avais eue avec mon père. 

    • Mon père était quelqu'un de merveilleux, généreux et rempli d'amour. J'ai eu une enfance heureuse, je n'ai pas la prétention d'être un père comme lui, mais j'aimerais suivre son exemple et donner tout ce que j'ai reçu à mon fils. Si vraiment ton choix de rester ici avec Samuel est définitif, alors je m'incline et je viens m'installer en ville. 
    • Mais tu ne seras pas heureux ici Adrian, tu l'as dit toi-même, soupire-t-elle. Je ne peux pas te demander ça. Au fil du temps, tu m'en voudras et ça, je ne pourrais pas le supporter.
    • Faisons un essai, d'accord ? 

    Elle ne répondit pas, mais hocha la tête. Je ne sais pas ce qui m'a pris, mais ma vie va changer de tout au tout. Quitter ma sœur et Jack, me trouver un travail, je suis prêt à tout pour être auprès de mon fils. 

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